Cauri News — Jeudi 13 août 2026
Un taux de bancarisation à 14 % dans un pays de 26 millions d'habitants : opportunité ou alarme ?
Cauri News La BRVM et l'économie africaine, expliquée simplement. Jeudi 13 août 2026 |
Bonjour.
C'est la mi-août, et pendant que certains sont encore à la plage, Sadio Mané, lui, ramasse des trophées. Le Ballon d'Or africain, le sacre en Saudi Pro League, et maintenant "meilleur joueur d'Afrique francophone subsaharienne" — à ce rythme, il va falloir agrandir la vitrine. On ne sait pas si c'est le football qui lui réussit ou l'inverse, mais une chose est sûre : l'homme n'est jamais en vacances.
De notre côté non plus. La cote a soufflé ce jeudi, mais il y a une info tech africaine qui mérite qu'on s'y attarde — une fintech de mobilité qui vient de franchir le cap des 2 milliards de dollars de valorisation.
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Le menu
- Marché en 30 secondes : la BRVM recule légèrement, ETIT dans le rouge
- Hot news : Moove, la licorne africaine à 2,1 milliards de dollars
- La leçon : c'est quoi, l'évasion fiscale — et pourquoi ça nous concerne ?
- Sur le continent : Cameroun, Sénégal, Congo, Maroc — quatre pays, quatre chantiers
- Sack d'Afrique : Mané roi du foot francophone, et le Niger face à son défi bancaire
- Le radar : 5 infos, 30 secondes
Marché en 30 secondes
| BRVM Composite | 492,16 pts | ▼ −0,35 % |
| BRVM 30 | 234,24 pts | ▼ −0,55 % |
| SAFC (Safca Côte d'Ivoire) | 5 170 FCFA | ▲ +7,48 % |
| SICC (Sicor Côte d'Ivoire) | 8 730 FCFA | ▲ +7,45 % |
| ETIT (Ecobank Transnational Incorporated Togo) | 65 FCFA | ▼ −5,80 % |
| STBC (SITAB Côte d'Ivoire) | 23 500 FCFA | ▼ −5,24 % |
Marchés : La BRVM souffle un peu ce jeudi : le Composite recule de 0,35 % à 492,16 points, et le BRVM 30 cède 0,55 %. Rien d'alarmant — c'est le genre de repli qui ressemble à un marché qui reprend son souffle après une bonne série. À noter : les écarts sont importants entre les valeurs, signe d'un marché sélectif plutôt qu'en repli généralisé. SAFC (Safca Côte d'Ivoire) et SICC (Sicor Côte d'Ivoire) bondissent de plus de 7 % chacune, quand ETIT (Ecobank Transnational Incorporated Togo) recule de près de 6 % — deux directions opposées dans la même séance, c'est la définition d'un marché qui trie.
Vous ne savez pas comment bien interpréter le tableau ci-dessus ? On vous explique tout ici
Hot news

Moove passe la vitesse supérieure : 2,1 milliards de dollars
Une fintech africaine qui vaut plus de 2 milliards de dollars — c'est le genre de chiffre qui fait lever la tête des investisseurs du monde entier.
Pourquoi on en parle ? Moove, la fintech de mobilité fondée par des Africains, vient de boucler une levée de fonds de 250 millions de dollars, portant sa valorisation à 2,1 milliards de dollars. En clair : une "licorne" — c'est le surnom donné à toute startup valorisée à plus d'un milliard de dollars, aussi rare qu'une licorne dans la vraie vie. Moove rejoint ainsi un club très fermé sur le continent.
Concrètement : Moove finance l'achat de véhicules pour des chauffeurs de VTC (voitures de transport avec chauffeur, comme Uber ou Bolt) en Afrique et dans d'autres marchés émergents. Le modèle est simple : au lieu d'acheter un véhicule comptant — ce que la plupart des chauffeurs ne peuvent pas se permettre — Moove leur prête l'argent, et ils remboursent progressivement avec leurs revenus. C'est une tontine motorisée, en quelque sorte.
Vu d'ici : Cette levée de fonds envoie un signal fort aux marchés financiers africains : il existe sur le continent des entreprises capables d'attirer des capitaux internationaux massifs. Pour les investisseurs présents sur la BRVM, c'est un rappel utile — l'Afrique n'est pas seulement un marché de matières premières, c'est aussi un terrain de jeu pour l'innovation à grande échelle.
Bref. Moove prouve qu'une idée née en Afrique peut valoir des milliards. Lire le détail de l'opération.
Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.
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La leçon
C'est quoi, l'évasion fiscale — et pourquoi ça nous concerne ?
Imaginez un commerçant du marché Sandaga à Dakar qui, au lieu de déposer ses bénéfices à la banque du quartier, les cache dans un sac enterré sous le lit d'un cousin à l'étranger. L'argent existe, mais l'État ne le voit pas — et donc ne peut pas en prélever sa part pour construire des routes, des hôpitaux ou des écoles. C'est exactement ce que font certaines entreprises et certains individus fortunés avec l'évasion fiscale : ils déplacent leurs richesses vers des pays où les impôts sont très bas (les fameux "paradis fiscaux"), hors de portée du fisc de leur pays d'origine.
La bonne nouvelle ? Depuis 2009, les États coopèrent de plus en plus pour s'échanger automatiquement des informations bancaires — c'est ce qu'on appelle l'échange automatique de renseignements financiers. Résultat : 4,6 milliards d'euros de recettes supplémentaires ont été identifiées en Afrique grâce à cette coopération. De l'argent qui, sans cela, serait resté invisible.
Pourquoi c'est important pour un investisseur ? Parce que plus un État récupère ses recettes fiscales, moins il a besoin d'emprunter — et moins il emprunte, plus il peut investir dans les infrastructures qui font tourner les entreprises cotées en bourse.
Bref. L'évasion fiscale, c'est de l'argent qui manque à tout le monde — et la coopération internationale commence à reboucher le trou. Vous pourrez l'expliquer au prochain dîner de famille.
Sur le continent
🇨🇲 Cameroun — Une innovation majeure pour investir dans les titres publics : Access Bank Cameroon lance Access Invest, une nouvelle plateforme en ligne qui permet d’acheter et de revendre plus facilement des titres publics, comme les obligations émises par les États de la CEMAC. Une première dans la sous-région qui pourrait rendre ces placements plus accessibles aux investisseurs et faciliter les échanges sur ce marché. Lire l’article.
🇸🇳 Sénégal — Transparence au sommet : l'OFNAC (Office National de lutte contre la Fraude et la Corruption) vient de publier la liste des élus et hauts fonctionnaires ayant déclaré leur patrimoine — et celle des défaillants. Une première étape concrète dans la gouvernance publique, très attendue des investisseurs institutionnels qui scrutent l'environnement réglementaire avant d'engager des capitaux. En savoir plus.
🇨🇬 Congo — 60 millions de dollars contre la dépendance alimentaire : la Banque mondiale débloque une enveloppe de 60 millions de dollars pour financer le projet PADeP, dédié au développement de l'aviculture et de l'aquaculture au Congo. L'objectif : réduire les importations de poisson et d'œufs, deux postes qui pèsent lourd dans la balance commerciale du pays. Moins importer, c'est garder les devises à la maison. Lire l'article.
🇲🇦 Maroc — Le financement agricole mixte en modèle : le Maroc vient d'être cité en exemple par le STDF (Standards and Trade Development Facility) pour son ingénierie financière dans le secteur agricole. Le principe du "financement mixte" — combiner fonds publics et capitaux privés pour sécuriser des projets risqués — est de plus en plus regardé par d'autres pays africains comme une voie pour attirer des investissements dans l'agriculture sans faire peser tout le risque sur l'État. Lire l'article.
Sack d'Afrique

🧠 Fun fact : Sadio Mané vient d'être sacré meilleur joueur d'Afrique francophone subsaharienne lors de la "Soirée du football". Ce qui est moins connu ? Derrière chaque distinction de ce type, il y a une économie entière qui tourne : droits à l'image, contrats de sponsoring, valeur marchande qui grimpe — le football africain est aussi une industrie financière, et ses stars en sont les actifs les plus liquides. Lire la story.
🔢 Le chiffre : 14,8 %. C'est le taux de bancarisation au Niger en 2024 — autrement dit, moins de 15 adultes sur 100 possèdent un compte bancaire dans un pays de plus de 26 millions d'habitants. Pour une fintech ou une banque mobile, c'est vertigineux : 85 % du marché reste à conquérir. Source Banque mondiale.
🔗 La reco : une licorne africaine à 2,1 milliards de dollars, une levée de 250 millions USD — et un modèle qui ressemble à une tontine motorisée. L'histoire de Moove mérite qu'on s'y attarde. À lire sur Financial Afrik.
Le radar
- GIM-UEMOA (le groupement interbancaire chargé des paiements électroniques dans la zone) change de tête : Ahmed Al Moustapha Cissé prend la direction générale par intérim d'une institution centrale pour les transactions numériques de la région. Lire.
- Burkina Faso renforce son réseau électrique avec 126,4 MW de capacité additionnelle — une bouffée d'air pour les entreprises industrielles du pays, dont les coûts de production souffrent des coupures chroniques. Lire.
- Côte d'Ivoire : la société Montage mobilise 75 millions de dollars pour accélérer le développement de la localité de Didiévi, confirmant l'appétit des investisseurs privés pour le marché ivoirien. Lire.
- Togo affiche un taux de bancarisation de 57,4 % des adultes en 2024, l'un des plus élevés de la zone UEMOA (Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine, les 8 pays qui partagent le FCFA et la BRVM) — un marché financier local en pleine maturité. Source Banque mondiale.
- Gabon : Cimaf annonce un investissement de 125 milliards de FCFA (Franc CFA, la monnaie commune de la zone UEMOA) pour porter sa production cimentière à 1,85 million de tonnes, dans l'objectif de réduire la dépendance aux importations de matériaux de construction. Lire.