Cauri News — Mardi 25 août 2026

Une banque panafricaine affiche +30 % de bénéfices en six mois — mais l'argent dort quand même dans les coffres. Pourquoi ?

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Cauri News — Mardi 25 août 2026
Photo by CHUTTERSNAP / Unsplash

Bonjour.

Il y a des chiffres ronds qui ne font pas de bruit, et puis il y a les autres. La BRVM vient de franchir les 530 points — un niveau que beaucoup d'analystes ne croyaient pas voir avant fin 2026. Le marché a décidé de griller les étapes, et on ne va pas s'en plaindre. Mais derrière la fête des indices, une question mérite qu'on s'y attarde : qui achète, et avec quel argent ? La réponse est moins simple qu'il n'y paraît — et c'est précisément ce qu'on vous explique aujourd'hui.

Café chaud, bonne lecture.

— L'équipe Cauri ☕


Le menu

  • Marché en 30 secondes : le Composite s'installe au-dessus des 530 points
  • Hot news : la BRVM franchit un cap historique
  • La leçon : c'est quoi, le nano-crédit ?
  • Sur le continent : Nigeria en quête d'étrangers, Soudan sous la sécheresse, Sénégal nettoie ses marchés
  • Sack d'Afrique : Eto'o, la CAN 2032 et la reco du jour
  • Le radar : 5 infos, 30 secondes

Marché en 30 secondes

BRVM Composite530,07 pts▲ +0,17 %
BRVM 30256,23 pts▲ +0,19 %
ABJC (Servair Abidjan Côte d'Ivoire)3 600 FCFA▲ +7,46 %
BOAS (Bank of Africa Sénégal)8 500 FCFA▲ +6,25 %
SICC (Sicor Côte d'Ivoire)8 005 FCFA▼ −7,46 %
CBIBF (Coris Bank International Burkina Faso)29 000 FCFA▼ −3,33 %

Marchés : La BRVM Composite tient bon au-dessus des 530 points avec un gain de 0,17 % — modeste sur la séance, mais le niveau lui-même est historique. Les hausses du jour sont portées par ABJC (Servair Abidjan Côte d'Ivoire) et BOAS (Bank of Africa Sénégal), qui bondissent de plus de 6 %, signe que les valeurs bancaires et de services continuent d'attirer des acheteurs. À l'opposé, SICC (Sicor Côte d'Ivoire) cède 7,46 % dans un mouvement de prise de bénéfices après plusieurs semaines de hausse. Le marché avance doucement mais il avance — et sur un sommet, même +0,17 % mérite d'être noté.

Vous ne savez pas comment bien interpréter le tableau ci-dessus ? On vous explique tout ici


Hot news

time-lapse photography
Photo by CHUTTERSNAP / Unsplash

La BRVM au sommet : 530 points, et ce n'est pas fini

Il y a des records qu'on attendait pour dans six mois. Celui-là vient d'arriver en avance.

Pourquoi on en parle ? La BRVM — la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières, qui regroupe les actions des entreprises des huit pays de l'UEMOA (Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine, les 8 pays qui partagent le FCFA et la BRVM) — vient de franchir le cap des 500 points, une première dans son histoire. L'indice composite a clôturé à 529,15 points la semaine passée, avec une progression hebdomadaire de 6,33 % — et ce mardi, il tient à 530,07 points. En clair : le marché ne s'est pas emballé un soir pour redescendre le lendemain matin, il installe ce niveau dans la durée.

Concrètement : les « 500 points », ça veut dire quoi ? L'indice BRVM Composite avait été fixé à 100 points lors du lancement de la Bourse, en 1998. Les points servent donc à mesurer l'évolution du marché depuis cette base. Pour donner une image simple : si on imaginait que l'indice valait 100 FCFA en 1998, il en représenterait aujourd'hui l'équivalent de 500 FCFA. L'indice a donc été multiplié par cinq, soit une progression de 400 % depuis sa création. Et ce qui rend le mouvement particulièrement spectaculaire, c'est sa vitesse : le BRVM Composite était encore à 345,75 points fin 2025, avant de dépasser les 400 points en février 2026.

Pourquoi cette flambée ? Plusieurs moteurs tournent en même temps. Les résultats des entreprises cotées sont globalement solides cette année. L'épargne disponible dans la région est importante et une partie de cet argent cherche à se placer sur les marchés. Résultat : la demande pour les actions augmente et pousse les cours à la hausse. La BRVM avait déjà terminé 2025 sur une progression de 25,26 %, après plusieurs années de hausse.

Vu d'ici : si vous avez des actions en portefeuille, ce franchissement est une bonne nouvelle — si vos titres ont progressé, votre portefeuille vaut lui aussi davantage. Et si vous n'en avez pas encore, la question n'est pas forcément « est-ce trop tard ? », mais plutôt « est-ce que j'ai compris ce que j'achète et les risques que je prends ? » Un marché au sommet peut continuer à monter, mais il peut aussi souffler. C'est la réalité de la Bourse.

Bref. La BRVM vient de franchir un cap qui était encore loin il y a quelques années. Passer de 100 à plus de 500 points depuis 1998, c'est mesurer en un seul chiffre la progression spectaculaire du marché sur près de trois décennies. Et le plus impressionnant, c'est peut-être la vitesse récente : la BRVM est passée de 345 points fin 2025 à plus de 500 aujourd'hui. Le marché le plus dynamique d'Afrique de l'Ouest confirme qu'il joue dans une autre cour.

Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.


La leçon

C'est quoi, le nano-crédit ?

Imaginez Aminata, qui vend des beignets devant l'école tous les matins. Un jour, sa friteuse rend l'âme un mercredi soir. Le marché ouvre le lendemain à 6h. Elle n'a pas le temps d'aller à la banque, pas de garantie à donner, et de toute façon le montant dont elle a besoin — 15 000 FCFA (Franc CFA, la monnaie commune de la zone UEMOA) — est trop petit pour intéresser un guichet classique. C'est exactement là qu'intervient le nano-crédit.
Le nano-crédit, c'est un prêt de très petit montant — souvent quelques milliers à quelques dizaines de milliers de FCFA — accordé très rapidement, parfois en quelques minutes via le mobile money, sans garantie lourde. Son rôle : financer le besoin en fonds de roulement immédiat *(en clair : l'argent qu'il faut avoir sous la main pour que l'activité tourne — acheter la marchandise avant de la revendre, payer le fournisseur avant d'encaisser le client)*. Pour Aminata, c'est le prix de la nouvelle friteuse. Pour le boutiquier du coin, c'est le stock de sucre avant la livraison du client.
Ce qui rend le nano-crédit intéressant économiquement, c'est qu'il sert de pont entre le secteur informel et le secteur formel. Une activité qui rembourse régulièrement ses nano-crédits construit un historique de crédit — l'équivalent d'un bulletin de notes pour la banque. Avec le temps, ce petit historique peut ouvrir la porte à des prêts plus importants, et donc à une vraie structuration de l'entreprise.
Les grandes institutions de microfinance (IMF) de la zone UEMOA ont d'ailleurs renoué avec les bénéfices en 2025, signe que ce modèle, longtemps fragile, trouve son équilibre.
Bref. Le nano-crédit, c'est la tontine numérisée — sauf que vous n'avez pas besoin d'attendre votre tour.

Sur le continent

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Photo by Mahdi Kordi / Unsplash

🇳🇬 Nigeria — La bourse cherche ses investisseurs étrangers : seulement 11 % des transactions sur le marché actions nigérian proviennent d'investisseurs étrangers à fin juillet. Sur le plus grand marché d'Afrique de l'Ouest, ce chiffre illustre un défi d'attractivité persistant : les capitaux internationaux restent prudents face à la volatilité du naira et aux incertitudes réglementaires. À titre de comparaison, une bourse considérée comme "mature" attire généralement entre 30 et 50 % de flux étrangers.

🌍 Soudan — Le climat menace les greniers : à Gedaref, l'une des principales régions agricoles du pays, le retard des précipitations met en danger les cultures de sésame et de sorgho. Le phénomène El Niño combiné à la flambée des coûts des intrants fragilise une sécurité alimentaire déjà sous pression. Pour une économie qui dépend largement de l'agriculture d'exportation, chaque mauvaise saison se traduit directement par moins de devises et plus d'importations alimentaires à financer.

🇸🇳 Sénégal — Guerre aux produits illicites : les autorités sénégalaises ont incinéré 9 tonnes de produits périmés ou contrefaits, estimés à 570 millions de FCFA. Au-delà de la santé publique, cette opération illustre un enjeu économique concret : le commerce illicite capte une part de la demande qui devrait alimenter les entreprises formelles — celles qui paient des impôts, emploient des salariés déclarés et, parfois, sont cotées en bourse.


Sack d'Afrique

🧠 Fun fact : Samuel Eto'o, président de la FECAFOOT (la fédération de football du Cameroun), a pris publiquement la défense de Gianni Infantino, le patron de la FIFA — en affirmant qu'il a « changé le football ». L'argument de fond ? La redistribution des ressources financières de la FIFA vers les fédérations africaines a sensiblement augmenté ces dernières années. En clair : le foot africain reçoit plus d'argent de la FIFA qu'avant, et certains dirigeants le font savoir. Que ce soit de la diplomatie ou de la conviction, c'est une autre histoire.

🔢 Le chiffre : 2032. C'est l'année pour laquelle le Sénégal et la Guinée ont envoyé une lettre officielle conjointe pour co-organiser la CAN (Coupe d'Afrique des Nations). Une candidature commune, c'est surtout un pari sur les infrastructures partagées : stades, hôtels, routes, aéroports — des milliards d'investissements qui, si la candidature aboutit, transformeront deux pays en chantiers géants pendant plusieurs années. Le dossier a été déposé fin juillet.

🔗 La reco : Afreximbank a publié des résultats semestriels impressionnants — bénéfice net en hausse de 30 % à 534,7 millions de dollars, encours de prêts nets à 35,4 milliards de dollars. L'analyse complète sur Ecomatin, à ne pas manquer si vous voulez comprendre comment se finance le commerce africain au niveau continental.


Le radar

  • L'UMOA (Union Monétaire Ouest-Africaine, le volet financier de l'UEMOA) révèle un paradoxe : en 2025, les dépôts et emprunts bancaires ont progressé près de trois fois plus vite que les crédits accordés — les banques collectent l'argent mais hésitent à le prêter.
  • L'Académie britannique d'ingénierie lance le Prix africain de l'innovation 2027, doté de plus de 115 000 USD — une opportunité concrète pour les ingénieurs et innovateurs du continent.
  • Le secteur aérien africain publie son classement des dix plus grands transporteurs du continent — un baromètre de l'intégration économique régionale et des flux de voyageurs d'affaires.
  • Le Tchad nomme l'économiste Idriss Ahmed Idriss, ancien des institutions financières internationales, au poste de secrétaire général de la Présidence — signal d'une volonté de technocratiser la gestion économique du pays.
  • La Côte d'Ivoire inspecte ses ouvrages hydrauliques à Bouaké et Niakara : le ministre Amédé Koffi Kouakou supervise la modernisation des infrastructures d'accès à l'eau potable dans le centre du pays.

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