Cauri News — Mardi 22 septembre 2026
Un chiffre sur la table : 414 millions de dollars pour un métal que vous utilisez peut-être sans le savoir…
Cauri News La BRVM et l'économie africaine, expliquée simplement. Mardi 22 septembre 2026 |
Bonjour.
La BRVM a décidé de commencer la semaine en mode purge. Les vendeurs ont pris le dessus sur la cote, les indices ont reculé de près de 2 %, et quelques valeurs ont encaissé des baisses à faire frémir. Ce n'est pas une catastrophe — les marchés soufflent, ça arrive — mais c'est le bon moment pour comprendre ce qui se passe vraiment quand les ordres de vente s'accumulent, et ce que ça dit de l'humeur des investisseurs.
On vous explique tout ça, avec en bonus une leçon sur un risque que tout le monde ignore jusqu'au jour où il se matérialise. Bonne lecture.
— L'équipe Cauri ☕
Le menu
- Marché en 30 secondes : la BRVM cède près de 2 %, les vendeurs aux commandes
- Hot news : la pression vendeuse s'accentue sur la cote
- La leçon : c'est quoi, le risque de contrepartie ?
- Sur le continent : Djibouti hub numérique, RDC et les paiements panafricains, l'or malien en repli
- Sack d'Afrique : de l'huile de friture dans le moteur, et le cirque qui paie
- Le radar : 5 infos, 30 secondes
Marché en 30 secondes
| BRVM Composite | 544,68 pts | ▼ −1,63 % |
| BRVM 30 | 263,82 pts | ▼ −1,89 % |
| Top hausses | ||
| SHEC (Vivo Energy Côte d'Ivoire) | 2 890 FCFA | ▲ +4,71 % |
| CIEC (CIE Côte d'Ivoire) | 6 720 FCFA | ▲ +4,19 % |
| ONTBF (Onatel Burkina Faso) | 3 000 FCFA | ▲ +3,45 % |
| Top baisses | ||
| STAC (Setao Côte d'Ivoire) | 2 105 FCFA | ▼ −7,47 % |
| SAFC (Safca Côte d'Ivoire) | 4 610 FCFA | ▼ −7,43 % |
| BOAM (Bank of Africa Mali) | 6 210 FCFA | ▼ −7,38 % |
| SIVC (Erium Côte d'Ivoire) | 2 030 FCFA | ▼ −6,67 % |
| ORAC (Orange Côte d'Ivoire) | 21 000 FCFA | ▼ −5,41 % |
Marchés : Séance difficile sur la cote : le BRVM Composite (l'indice qui résume l'humeur de l'ensemble des actions cotées) lâche 1,63 % à 544,68 points, et le BRVM 30 recule de 1,89 % à 263,82 points. Les baisses sont larges et concentrées — cinq valeurs perdent entre 5 % et 7,5 % en une seule séance, dont ORAC (Orange Côte d'Ivoire) et BOAM (Bank of Africa Mali). En face, quelques résistants : SHEC (Vivo Energy Côte d'Ivoire) et CIEC (CIE Côte d'Ivoire) tirent leur épingle du jeu avec des hausses supérieures à 4 %. Un marché qui se divise nettement entre ceux qui vendent et ceux qui restent.
Vous ne savez pas comment bien interpréter le tableau ci-dessus ? On vous explique tout ici
Hot news
La cote sous pression : quand les vendeurs prennent le dessus
Il y a des jours où la BRVM avance tranquillement. Et il y a des jours comme aujourd'hui, où les ordres de vente s'accumulent et où le marché recule sur toute la ligne — ou presque.
Pourquoi on en parle ? La BRVM traverse une phase de correction marquée par une intensification des ordres de vente sur le marché secondaire *(le "marché secondaire", c'est là où s'échangent les actions déjà émises — comme un marché de revente, par opposition au marché primaire où les entreprises émettent de nouvelles actions)*. En clair : ce ne sont pas de mauvaises nouvelles d'entreprises qui font baisser les cours aujourd'hui — c'est simplement que plus d'investisseurs veulent vendre qu'acheter.
Concrètement : quand la pression vendeuse s'accentue, les prix baissent mécaniquement — l'offre dépasse la demande. C'est le principe de base de n'importe quel marché, du marché de Cocody à la bourse d'Abidjan. Résultat : le Composite cède 1,63 %, le BRVM 30 recule de 1,89 %, et plusieurs valeurs enregistrent des baisses de plus de 7 % en une seule séance.
Vu d'ici : une correction n'est pas une catastrophe — les marchés montent rarement en ligne droite. Ce qui compte, c'est de savoir si cette pression vendeuse est ponctuelle (des investisseurs qui prennent leurs bénéfices avant la fin du trimestre) ou si elle signale quelque chose de plus profond sur l'économie régionale. À surveiller dans les prochaines séances.
Bref. La BRVM souffle. Ce n'est pas la première fois, et ce ne sera pas la dernière — mais c'est le bon moment pour regarder ce que vous détenez et vous demander si votre horizon d'investissement est bien en phase avec les mouvements du marché. Lire l'analyse complète.
Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.
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La leçon
C'est quoi, le risque de contrepartie ?
Imaginez que vous prêtez 50 000 FCFA à un ami pour qu'il ouvre une boutique. Il vous promet de vous rembourser avec intérêts dans six mois. Mais au bout de six mois, la boutique n'a pas marché, et l'ami n'a plus un sou. Vous avez perdu votre mise — pas parce que vous avez mal géré votre argent, mais parce que votre contrepartie n'a pas tenu ses engagements. C'est exactement ça, le risque de contrepartie.
En finance, ce risque existe partout : quand une banque prête à une entreprise, quand un État émet des obligations, quand deux entreprises signent un contrat commercial. À chaque fois, l'une des parties prend le risque que l'autre ne paie pas, ne livre pas, ou disparaisse. Plus la contrepartie est solide financièrement — une grande entreprise cotée, un État avec de bonnes finances publiques — moins ce risque est élevé. Plus elle est fragile, plus il faut exiger une rémunération plus haute pour accepter de prendre ce risque (c'est ce qu'on appelle une "prime de risque" : un bonus pour accepter l'incertitude).
Sur les marchés financiers, les agences de notation (des organismes indépendants qui évaluent la solidité financière des emprunteurs) existent précisément pour aider les investisseurs à estimer ce risque avant de prêter leur argent.
Bref. Avant de prêter — que ce soit à un ami ou à un État — la vraie question n'est pas "combien je vais gagner ?", mais "est-ce que ma contrepartie sera encore là pour me rembourser ?" Comme ça, vous pourrez l'expliquer à la prochaine tontine.
Sur le continent
🌍 Djibouti — Le pays mise sur les data centers : la Banque mondiale identifie un potentiel d'investissement de 240 millions de dollars pour faire de Djibouti un hub numérique régional. Sa position géographique stratégique — carrefour des câbles sous-marins entre l'Asie, l'Europe et l'Afrique — en fait un candidat naturel pour héberger les infrastructures de données dont le continent a de plus en plus besoin. En savoir plus.
🇨🇩 République Démocratique du Congo — La Banque centrale rejoint le PAPSS : Kinshasa intègre le PAPSS (Pan-African Payment and Settlement System, le système de paiement et de règlement panafricain), qui permet aux entreprises et aux particuliers d'effectuer des transactions transfrontalières en monnaies locales, sans passer par le dollar. Une avancée concrète pour fluidifier les échanges commerciaux entre pays africains et réduire la dépendance aux devises étrangères. En savoir plus.
🇲🇱 Mali — L'or de Syama produit moins : la mine Syama, l'une des principales exploitations aurifères du Mali, devrait enregistrer une nouvelle baisse annuelle de sa production d'or en 2026. Des défis opérationnels pèsent sur les prévisions — une mauvaise nouvelle pour un secteur minier qui représente une part importante des recettes d'exportation du pays. En savoir plus.
Sack d'Afrique
🧠 Fun fact : à Salvador, au Brésil, les vendeurs de street food font frire leurs acarajés (des beignets de haricots, plat emblématique de la cuisine afro-brésilienne) dans des litres et des litres d'huile. Désormais, cette huile usagée ne finit plus dans les égouts : un partenariat entre la mairie, Petrobras et des coopératives locales la transforme en carburant. L'économie circulaire version beignets — et si les friteries de Marcory faisaient pareil ? Lire l'histoire.
🔢 Le chiffre : des milliers de jeunes dans les townships de Johannesburg, en Afrique du Sud, se forment chaque année aux arts du cirque — acrobatie, danse, jonglerie — via des programmes qui en font de vrais débouchés professionnels. Ce que ces jeunes ont compris avant beaucoup d'autres : dans une économie où le chômage des jeunes dépasse 60 %, transformer un talent artistique en revenu stable, c'est du business, pas du divertissement. Lire l'article.
🔗 La reco : 414 millions de dollars américains pour extraire de l'uranium au Niger — c'est le financement que la DFC (Development Finance Corporation, le bras financier du gouvernement américain pour les investissements à l'étranger) vient d'approuver pour le projet minier « Dasa » de Global Atomic. Un retour des capitaux américains dans la région qui mérite qu'on s'y attarde. À lire ici.
Le radar
- Sénégal — Le gouvernement a signé une convention de 3,5 milliards d'euros lors d'une mission ministérielle en Europe (Milan, Lille, Paris) pour financer le logement et le développement de villes nouvelles. En savoir plus.
- Côte d'Ivoire — L'homme d'affaires malien Cessé Komé prépare un investissement de 26 milliards de FCFA (Franc CFA, la monnaie commune de la zone UEMOA — Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine, les 8 pays qui partagent le FCFA et la BRVM) dans le secteur de la minoterie ivoirienne. En savoir plus.
- Pétrole — Le Brent chute à 101,71 dollars le baril, le WTI passe sous la barre des 100 dollars, sur fond d'espoirs diplomatiques entre les États-Unis et l'Iran — une bonne nouvelle pour les pays africains importateurs de pétrole. En savoir plus.
- Intelligence artificielle — Un incubateur dédié à la recherche pharmaceutique vient d'être lancé en Afrique pour accélérer la découverte de médicaments grâce à l'IA. En savoir plus.
- Bénin — La Caisse des Dépôts et Consignations du Bénin rejoint le réseau Finance in Common, qui regroupe les banques publiques de développement du monde entier, pour diversifier ses leviers de financement. En savoir plus.
